Course poursuite X. Bertrand et R. Yade

Tout commençait bien ce matin, 15.000 manifestants, peu de lycéens hélas, mais le nombre en a surpris plus d’un cependant ! On fait nos différents arrêts (medef, préfecture), le préfet refuse d’accepter les discussions avec une délégation. J’en profite pour faire le discours du CAL devant la préfecture, tant qu’à faire !
La matinée se passe donc sans incident, on disperse à l’heure prévue, à l’endroit prévu. Dommage que très (trop) peu de gens soient resté pour l’AG.

Au début de la manifestation, avant le départ, un type vient nous voir, assez vieux, pour nous parler d’une visite de Xavier Bertrand dans la région, dans le sud Charente. Il nous parle de ses envies de le bloquer et d’entamer une discussion musclée avec lui.

On laisse le temps de la manifestation pour faire cogiter tout ça. Une fois la dispersion effectuée, on organise le covoiturage (il se trouvait à 30 bornes d’Angoulême), le rendez-vous était donné, 13h30 à la gare !
C’est maintenant que le croustillant du récit arrive.

Une bonne quinzaine à la gare, 4 voitures, on est parti, chauds comme la braise, une demi-heure de route !
On arrive enfin sur place, à Juignac, petit patelin de 350 habitants tout au plus, la secrétaire de mairie nous informe que Bertrand est déjà passé, à 13h, et qu’il était en visite des IME de la région. On apprend aussi qu’il est accompagné, par Rama Yade ! Ca tombe bien, on a 13 expulsés dans le département !

A ce moment, impossible de savoir ou est Bertrand. On attend un peu, on passe des coups de fils, on glandouille quand soudain, subitement, l’informateur arrive, armé de son super fourgon de combat, et nous dit « il a changé de place, suivez moi ! ». Pas besoin de le dire deux fois, en moins de trente secondes, nous étions dans les bagnoles !

5-10 minutes de route, on arrive dans le bled ou est Bertrand et Yade. On aperçoit des gendarmes, aux différentes entrées du village. On passe devant l’un d’eux. 4 voitures, 1 fourgon, on ne passe pas inaperçu, il nous interpelle « vous allez ou ? ». Pas besoin de réfléchir, la voiture de tête répond du tac au tac : « chez des amis ! ». Hop, carton plein, on peut circuler sans soucis.

Route de campagne oblige, une seule voiture peut passer, impossible de se croiser. On arrive à un mini-carrefour, et là, que vois t’on ? Deux gendarmes motards, girofards bleus clignotants. Pas de doute, c’est Xaxa et yayade ! Pas 10 secondes pour réfléchir, le conducteur en tête a merdé et n’a pas coincé la route avec son fourgon à notre grand drame ! Je commence à détacher ma ceinture pour aller me mettre devant eux, mais manque de bol le temps que l’info monte au cerveau, ils ont eu le temps d’accélérer et de nous passer devant. On les hue bien comme il faut, ça y’est on était fichés !

Pas le temps de réfléchir, on prend leur suite ! La course poursuite commence !

On arrive donc au premier village environnant, là on voit un fourgon de gendarmette, avec une gendarmette disant au talkie walkie « ils viennent de passer devant moi ».
On se gare sur le coté droit un peu plus loin pour discuter un peu de ou on va et ou ils ont pu aller. Grande erreur ! Une bagnole de gendarme se gare pile devant nous pour nous empêcher de continuer, et le fourgon nous rejoint.

Ils ne savaient pas quoi nous dire puisqu’on avait rien fait de mal. Les seuls ordres qu’ils avaient eu c’est « bloquez-les ! ». Un des gendarmes revient, le téléphone à la main et annonce à ses collègues « prenez les plaques d’immatriculations des véhicules et contrôlez les permis des conducteurs ». Haha, on appelle ça un vice de procédure comme l’a dit Ismou-chéri. En effet, lors d’un contrôle, les gendarmes doivent contrôler les papiers du véhicule, l’assurance du véhicule et les papiers du conducteur. Ca nous montre bien qu’ils voulaient simplement nous ralentir.

La tension monte un peu entre nous et eux, mais on arrive à calmer un peu le jeu, on repart 10-15 minutes plus tard.

Direction la préfecture d’Angoulême, de toute façon on était presque sur de l’avoir raté ! Soit il rentrait en bagnole sur paris, soit il prenait l’avion dans une des deux bases aériennes, soit il rentrait en train, soit il en profitait pour visiter autre chose (musée de la pantoufle charentaise ?).

Bref, c’est vrai qu’on ne pensait pas qu’ils pouvaient mettre en place un dispositif aussi rapidement. Sur le chemin du retour on s’est fait pister par deux bagnoles, banalisés, sur le coté de la route, avec des bonhommes bizarres dedans qui notaient tout pleins de choses sur leur carnet quand on passait !

On arrive à Angoulême, personne à la préfecture comme prévu. On se gare correctement, on se pose sur le trottoir pour discuter un peu, de l’après midi.

Bingo, une fourgonnette de flic arrive, ils avaient été prévenus d’un attroupement près de la pref. Deux types descendent et viennent nous voir. Tout ce que vous allez lire est le véritable dialogue, sans censure, sans rajout.

Flics : « Qu’est-ce que vous faites là ? »
Nous : « on discute, pourquoi on n’a pas le droit ? »
F : « on a été prévenu d’un attroupement ici, alors on vient voir, vous êtes là pour quoi ? »
N : « Comment ça on a plus le droit de discuter sur le trottoir ? »
F : « dans l’état actuel des choses, tout attroupement peut être sanctionné, vous êtes aux abords de la préfecture, vous n’êtes pas venus pour rien j’imagine ? »
(Attroupement de 10 personnes, youhou !)

Bref, le ton monte, les flics ont été affreux, « parle donc avec tes amis, j’en ai rien à faire de ce que tu dis, ça m’intéresse pas »… bref.

Puisque nous n’avions pas le droit d’être attroupés ici, on a décidé de partir tous un par un. On passe devant la préfecture, et une fois au bout de la rue le deuxième peut partir ! Du coup, au lieu de partir en 2 minutes, on est parti en 15 minutes en narguant les flics bien entendu !

On s’est donc dispersés un peu plus tard devant une girafe de bière, en en ayant perdus quelques uns au passage. Des annonces ont été faites à la presse. Quoi qu’il en soit, merci d’avoir lu et d’avoir eu le courage de lire, et qu’une chose à dire : Répression quand tu nous tiens …

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